ISOC : « Les coupures d’accès Internet ne sont pas une solution aux défis politiques et économiques  du Tchad »

ISOC : « Les coupures d’accès Internet ne sont pas une solution aux défis politiques et économiques du Tchad »

À travers une déclaration publiée le mardi 10 avril 2018, l’organisme Internet Society se dit  très concerné par les perturbations et coupures répétées des services Internet et des médias sociaux au Tchad depuis le début de ce mois.

Selon cette déclaration, « des perturbations ordonnées par le gouvernement ont été signalées à partir du 2 avril 2018, dans le contexte de protestations politiques et de troubles à travers le pays ». Il faut le préciser, ce n’est pas la première fois que l’accès à Internet est suspendu au Tchad. En janvier 2018, l’accès Internet a été perturbé à la suite de manifestations organisées par des organisations de la société civile. Cela fût de même en 2016, le Tchad a connu une coupure de huit mois des médias sociaux suite à aux  élections présidentielles.

Pour Internet Society, bien que le gouvernement tchadien ait le devoir de maintenir l’ordre public, il y a peu de preuves sur les avantages des coupures Internet comme moyen efficace de prévention de toute forme de protestation violente. D’un autre côté, « il y a de plus en plus de preuves sur les dommages collatéraux résultant de la privation des populations de l’accès Internet. L’un de ces dommages est économique » : Ces perturbations auraient coûté au pays environ 13 milliards de francs CFA, selon « Internet Sans Frontières ». Ce sont des chiffres extrêmement prudents qui ne tiennent même pas compte d’un ensemble de facteurs économiques cumulatifs. Les coupures Internet touchent également des milliers d’entrepreneurs locaux et de professionnels qui dépendent de la connectivité pour travailler.

« En coupant l’accès à Internet, le gouvernement Tchadien va à l’encontre de la résolution A/HRC/32/L.20 de 2016 qui condamne fermement la censure sur Internet. En outre, le gouvernement va à l’encontre de l’article 27 de la Constitution tchadienne, qui garantit la liberté d’expression », indique la déclaration.

Pour Internet Society, au moment où les gouvernements du monde entier se sont engagés à tirer meilleur parti de la puissance de l’Internet et des TICs pour atteindre les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, les restrictions d’accès à Internet ne sont pas un pas dans la bonne direction : « les coupures Internet menacent ces promesses, en particulier pour une population qui est la plus jeune au monde et qui a besoin de l’accès et de la connectivité pour innover, créer des emplois et façonner l’avenir ».

À la lumière de l’impact des coupures d’Internet sur les droits fondamentaux des citoyens, l’économie et la société dans son ensemble, Internet Society appelle le gouvernement tchadien à « rétablir immédiatement l’accès total à l’Internet et à donner la priorité au dialogue et aux solutions pacifiques pour résoudre les défis actuels du pays ».

Un commentaire

  1. Ndodjang Armel
    12 avril 2018 at 23 h 38 min Répondre

    C’est vraiment déplorable de voir un pays qui est encore sur une voie de développement interrompre les accès au internet qui est une Master-key au développement. Si le ministère de la sécurité est incapable d’assurer sa simple responsabilité de mettre de l’ordre sur les désordres, en battez vos couilles svp. le peuple à tant souffert sous ce régime de torture et d’oppression. les hôpitaux fermés,les écoles fermées, réseaux sociaux fermés prochainement ça sera même le pays en question fermé du reste de monde.

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