Human of N’Djamena :  “Mon père a été blanchisseur, je le suis, mais mes  fils ne le seront pas” Abba-Khali

Human of N’Djamena : “Mon père a été blanchisseur, je le suis, mais mes fils ne le seront pas” Abba-Khali

Au bord du fleuve le Chari, à Sabagali dans le 3e arrondissement de la commune, derrière l’Institut Supérieur de Gestion (ISG), plusieurs blanchisseurs appelés «Kassala» en arabe local font leur décente. A vélos, à pieds ou en pousse-pousse, ils prennent timidement d’assaut le bord du fleuve Chari.

De nationalité tchadienne ou étrangère, hommes ou femmes, ils sont peu nombreux en ce début de la matinée du lundi 16 janvier 2017. Mais, le «vieux» Abba-Khali, tchadien, la soixantaine révolue, petit de taille, cheveux en partie blancs, s’active à laver les habits. Il passe déjà pour la deuxième fois la grosse boule de savon composé de natron et des détergents sur les habits.

Environ 30 ans de carrière, Abba-Khali déclare que par le passé, le métier de «Kassala» était très pratiqué et rentable. Chaque quartier comptait plusieurs blanchisseurs. En ce temps, l’affaire prospérait révèle-t-il. « Aujourd’hui avec la prolifération de pressing moderne dans la ville, notre métier a pris un énorme coup. Les riches ont de machines à laver chez eux, les moyens envoient leurs habilles au pressing. Il y a aussi ceux qui prennent des domestiques à la maison qui font tout le travail de lessive et ce qui va avec. Les kassala étrangers font le porte-à-porte pour collecter les habits… » Il est très difficile de faire 5.000 FCFA par jour actuellement. En ce temps où nous faisons la lessive encore derrière l’ex STEE, on peut facilement encaisse 15.000 à 20.000 FCFA par jour», explique Abba-Khali.

«Mon père été blanchisseur, je le suis, et mes  fils ne le seront pas». Abba-Khali tranche que, la lignée des blanchisseurs dans sa famille s’arrête sur lui. Il martèle qu’il continue à faire, désormais, ce travail par passion. Selon lui, son fils ainé l’assiste suffisamment, mais Abba-Khali  estime que, même s’il n’a pas besoin de travailler, il fait cette activité pour se maintenir en forme. Il est aussi reconnaissant vis-à-vis du métier qui lui a permis, pendant des moments durs de la vie, de prendre en charge ses 8 enfants.

Vers les années  2000, le nombre des blanchisseurs traditionnels est très considérable. Aujourd’hui,  il ne reste que les personnes âgées. Après quelque temps de lessive, Abba-Khali monte son vélo et reprend la route de la maison.

 

 

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