Opinion : « La jeunesse africaine a longtemps été marginalisée dans les processus de prise de décisions »

Opinion : « La jeunesse africaine a longtemps été marginalisée dans les processus de prise de décisions »

Le continent africain a la population la plus jeune au monde avec plus de 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans. Ce dividende démographique met parallèlement en exergue les besoins et les droits des jeunes en matière d’éducation et de formation, d’emploi et d’intégration dans le processus de développement. Des besoins et des droits qui sont insuffisamment satisfaits.  Car, la jeunesse africaine a longtemps été marginalisée et mise de côté, même dans les processus de prise de décisions la concernant.

Le Forum panafricain de la jeunesse tenu à N’Djamena du 29 au 30 juin, énième du genre, a été l’occasion idoine et ultime pour les jeunes africains de débattre sans tabou de leurs préoccupations et besoins. Les travaux ont porté sur cinq thématiques à savoir : Emploi et Entrepreneuriat ; Éducation et développement des compétences ; Santé et bien-être ; Droits et gouvernance de la jeunesse ; Migration Paix et Sécurité.

A l’issue du forum de N’Djamena, dans un rapport de 13 pages, formulé sans langue de bois, ni censure particulière, 71 recommandations fortes de la Jeunesse africaine du Continent et de la Diaspora, ont été retenues à l’endroit des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine  pour des actions concrètes. Dans la rubrique « Education, formations et développement des compétences », qui constitue le premier pilier sur les cinq, il a été fait mention de 21 recommandations. C’est le cas entre autres de: l’intégration des enseignements techniques et professionnels dans les programmes éducatifs, du cycle préscolaire à l’université; le développement de programmes éducatifs faisant la part belle à l’enseignement des sciences, nouvelles technologies, ingénierie et mathématiques (STIM) ; les incitations fiscales significatives à l’endroit des partenaires privés proposant des contrats d’alternance, aux étudiants ; la création d’un fonds panafricain dédié à la vulgarisation de l’histoire de l’Afrique et à la coordination des contenus éducatif.

Les jeunes participants au forum panafricain ont insisté également sur l’Emploi et l’Entreprenariat. Il est à remarquer que l’accès à une éducation et une formation de qualité pour un emploi décent est l’une des priorités de la jeunesse africaine pour l’heure. Selon la Banque mondiale, « les jeunes représentent 60 % de l’ensemble des chômeurs africains. Les jeunes femmes sont plus durement touchées ». A cela, il convient d’ajouter que, « plus de 70 % des jeunes Africains en moyenne vivent avec moins de 2 dollars par jour », selon les perspectives économiques en Afrique. Ces chiffres montrent à bien d’égards que, le taux de chômage de la jeunesse africaine est inquiétant. Notamment, dans un continent où chaque année près de 10 à 12 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail. L’accès des jeunes à l’emploi représente un grand défi.

De ce qui précède, il est impératif de prendre des mesures d’accompagnement exceptionnelles à l’exemple des crédits bancaires, formations, coachings pour les projets entrepreneuriaux. La promotion de la méritocratie dans les nominations à la tête des institutions de promotion de l’emploi des jeunes est également souhaitable. La prise des actes législatifs pour imposer aux firmes et grandes entreprises étrangères et nationales de sous-traiter avec les PME et les Startups locales ; l’adoption des mesures accordant une quote-part de marchés aux entreprises locales dans tous les projets financés par les bailleurs de fonds en Afrique etc. participeront sans nul doute à promouvoir l’entreprenariat et créer de l’emploi pour les jeunes du continent.

Notons tout de même que, ce ne sont ni les décisions, ni des résolutions de la part des dirigeants africains qui manquent. En 2009 par exemple, les chefs d’Etat africains réunis à Addis-Abeba en Éthiopie ont proclamé la « Décennie de la jeunesse Africaine » (2009-2018) et ont décidé de mobiliser des ressources, dont celles du secteur privé, en faveur de la promotion des jeunes.  Mais qu’en est-il ?

Toutefois, du forum de N’Djamena est née une lueur d’espoir pour les jeunes africains. En effet, le 29ème Sommet de l’Union africaine qui a débuté le 03 juillet 2017 à Addis Abeba a vu l’adoption d’une des recommandations phares dudit forum à savoir : « L’opérationnalisation du fonds africain pour le développement de la jeunesse ».

 

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