Opinion : dérapages sur dérapages, ne cassons pas la baraque !

Le pays vit une crise des extrémismes qui est de nature politique et non juridique :

Une partie des leaders de la société civile a voulu exprimer sa défiance à l’endroit du processus électoral dont elle est pourtant partie prenante, c’est une position politique ! En réponse, les vieux réflexes répressifs se sont mis en branle et ont donné une autre ampleur à cette crise de confiance : l’arrestation de ces leaders et l’interdiction des marches pacifiques paraissaient inutiles comme réaction puisque cela n’avait pas d’incidence sur le déroulement du processus.

La voie judiciaire est elle-même hors propos puisqu’il y a un cadre de dialogue politique dans lequel toutes les parties se retrouvent. Il n’a même pas été sollicité ni par l’une ni par l’autre partie en conflit : c’est dommage de mettre en place ces institutions de conciliation et de régulation et de les éviter pour chercher la confrontation coûte que coûte !
Alors, il faut arrêter toute cette cacophonie en renonçant d’un côté à la procédure judiciaire (personne ne doit être arrêté pour ses opinions mais seulement pour un acte illicite) et de l’autre laissez les partis politiques et les candidats aller au scrutin du dimanche dans la paix.

Si l’on est déjà si enragé maintenant, comment ce sera après le vote ? Les extrémismes vont créer des incidents, de la violence et du sang encore et cela justifierait une sorte d’état d’urgence qui va annuler tous les efforts consentis pour arriver à ces élections !

Voyez aussi comment l’intolérance et la manipulation ont été exprimées par un éditorial incendiaire de la FM Liberté diabolisant François Adjia, SG de l’UST pour avoir marqué son désaccord. Il devient automatiquement, avec force d’injures réprouvés par la déontologie de la presse, le symbole de leaders corrompus de la société civile ? Dans une confusion totale de termes, tous les leaders de la société civile ont été taxés de tous les noms d’oiseaux.

La FM Liberté est quand même la radio de ces associations. Est-ce dire que les pratiques de mal gouvernance relevé par l’éditorialiste contre ses employeurs sont liés au débat actuel ? Ou qu’il suffise d’émettre une opinion différente des camarades arrêtés pour devenir automatiquement un vendu, livré injurieusement à la vindicte populaire ? Ou enfin la société civile serait-elle infiltrée elle aussi par un courant extrémisme pas loin de Boko Haram qui voit la différence d’opinion comme critère de classification des cibles de ses bombes ?

Tout ça est très malsain, chers camarades ! il y aura une vie pour notre peuple après les élections svp ! Ce n’est pas la fin du monde. L’extrémisme nous a coûté trop de victimes dans l’histoire de ce pays. Que chacun mette de l’eau dans son vin, ce n’est pas une question de perdre la face. Que les autorités libèrent sans condition les activistes et que le scrutin se déroule dans la paix.

Et, sous réserve que chaque partie accepte et se calme, que toutes les composantes (partis politiques, société civile) reprennent leur place dans le cadre défini. Que les malades cessent de mourir et les élèves de perdre rien que pour satisfaire nos extrémismes de part et d’autre ! Qui m’a acheté, moi ? J’assume mes opinions !

Enoch Djondang

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