Opinion : six Millennials inspirants !

Transposition du mouvement Millennial à notre cassante et répétitive vie tchadienne. Notre troisème volet consacre des exemples de travail. Ils sont jeunes et intelligents, ce sont les Millennials inspirants de cherifblogshow.

La liste (non exhaustive et forcément subjective) de celles et ceux capables d’endosser leurs responsabilités dans un pays qui a besoin d’être aiguillé par des valeurs fortes. Leur approche du travail ou de la politique et leur regard sur la société sont une gifle dans un pays gangrené par les courtisans de toutes sortes. Ils dénotent et me plaisent ! Voici leur story.

Trois femmes, trois hommes et une GenZ prometteuse

(Classés par ordre alphabétique du nom de famille)

Nair

 

Les applications « Darna » et « Afrique campus » sont ses bébés. La première compile les données géographiques de commerces, hôtels, administrations, etc. au service des internautes. La seconde est une plateforme qui permet aux futurs étudiants de rentrer en contact avec des universités du monde entier. Deux applis que Nair Abakar, qui vit et travaille en France, est venu présenter au Tchad en espérant des coups de pouce financiers. Dans son jargon d’entrepreneur/développeur, on appelle ça « la recherche de leads ». Cet ingénieur en Intelligence économique ne cache pas que l’argent est une chose importante pour développer des applications fiables et d’envergure internationale. Ce pragmatisme montre à suffisance toute son ambition et sa maturité dans les affaires.

Salma

Les Arts sont les laissés pour compte dans le développement du pays. Le Tchad est traditionnellement misogyne. Alors imaginez, être artiste et femme à la fois. Quel handicape ! Consciente de cela, la peintre Salma Khalil a suivi des études « sérieuses » en Géographie et est parallèlement salariée dans une entreprise. Cette femme au sourire permanent roule sa bosse depuis 2002 dans le très précaire milieu artistique tchadien. Plus que son œuvre, c’est la fougue avec laquelle elle défend cette activité et sa passion qui m’ont séduit. Pour ne rien gâcher, Salma possède une honorable plume. Elle est l’auteur de quatre ouvrages de poésies et de nouvelles. Au premier semestre de cette année, elle a participé au Forum Femmes : Société civile et Développement à Washington. Un début de reconnaissance internationale ?

Andreas

 

Tout comme Nair Abakar, Andreas Koumato apportera au Tchad une existence numérique : une trace tangible dans cette vague de transformation digitale, un domaine dans lequel notre pays accuse beaucoup de retard. A cette emprunte sur les réseaux, on peut ajouter la création de nombreux emplois (directs et indirects) liés à sa plateforme d’échanges de divers biens de consommation, moussosouk.com. Car contrairement à ce que beaucoup pensent, la digitalisation n’est pas synonyme de pertes d’emplois. L’ancien étudiant de la prestigieuse Ecole polytechnique Sophia Antipolis de Nice est un audacieux au royaume des sceptiques. Mais en visionnaire, il sait que sa hardiesse entrepreneuriale paiera, car l’avenir réside dans la Web 3.0 !

Kreich

 

Sous ses faux airs timides et renfrognés, cet avocat spécialisé en réglementation bancaire, financière et contentieux se définit comme un professionnel qui souhaite« apporter de la plus-value au métier ». Dans cet ordre d’idée,  Abdelkerim Kreich est entré dans le milieu juridique tchadien avec minutie et veut drainer à lui « les dossiers très techniques que les entreprises tchadiennes confient généralement aux cabinets camerounais ou français. » Au vu de son parcours de jeune avocat d’affaires ponctué par des missions auprès de cabinets anglo-saxons (Clifford Change, Jones Day ou DLA Piper), son pari est réalisable. D’importantes entreprises tchadiennes (publiques et privées) lui ont déjà fait confiance afin qu’il apporte son expertise sur des litiges très pointus.

Bourkou

 

Décidera-t-elle de revenir vivre au Tchad ? Si elle le fait, qu’apportera-t-elle concrètement ? Dans un pays où l’impréparation et l’improvisation sont les maîtres mots, une bonne dose de prospective et de vision à moyen terme ne sera pas superflue. La trentaine fière, Hadjé Bourkou a construit sa carrière parisienne à force de travail sans se départir d’une feuille de route qui l’a menée du Sacré-Cœur de N’Djaména à l’ESG Paris en passant par l’UMT de Tunis. Actuellement Déléguée générale dans un club d’affaires à Paris, ses tâches tournent principalement autour de la recherche de fonds d’amorçage pour les investisseurs et de mises en contact entre entrepreneurs et « Business angels ». Titulaire d’un MBA spécialisé en marché de capitaux, elle ferait une excellente ministre du Plan et de l’Economie

Amsadene

 

Dans un landernau politique tchadien sclérosé par toutes sortes de maux, cette femme volontaire apportera sa jeunesse et le regard neuf qui va avec.  Mais aussi son enthousiasme et son énergie constatés lors de la dernière campagne électorale pour la présidentielle. Dans un pays aussi machiste que le Tchad, Amsadene M. Hangatta a été cheffe de fil MPS pour la région de l’Ennedi Ouest et est membre du bureau politique du parti au pouvoir. Même si certains octroient ces accessits à l’héritage d’un père sultan, le fait d’avoir assumé entièrement ces responsabilités marque la force de caractère de cette ancienne étudiante dakaroise. Beaucoup de ses congénères tchadiennes auraient opté pour l’oisiveté et le confort d’un mariage tranquille.  Si elle devait monter dans l’organigramme de la fonction publique, je la vois en Première ministre. Rien que ça ! Son charisme seul suffira à faire oublier les 15 qui ont occupé cette fonction.

En bonus à notre short-list, voici une GenZ prometteuse. Découvrez-la…

Bouchra

 

La présence de cette post-ado dans notre liste est un pari sur l’avenir. Rencontrée alors que je couvrais les coulisses du concours Miss Tchad 2015, Bouchra est un ovni. Ca je m’attendais à ne croiser que des filles superficielles dans ce concours de beauté. Et puis il y a eu cette surprise. J’ai été bluffé par l’esprit cartésien, vif et mature de cette liane de presque 1 mètre quatre-vingt. « Au-delà de la région que je représente, j’ai envie de me surpasser pour rendre fier le Sacré-Cœur (Lycée n’djaménois dans lequel elle étudiait). La direction m’a accordée beaucoup de faveurs pour préparer l’élection et franchement je ne peux pas me planter. En plus au Sacré-Cœur, on cultive l’excellence et l’échec n’est pas permis » m’expliquait-elle avec une conviction qui transcendait ses yeux. Son avenir (elle a obtenu son bac avec une mention « Assez-bien »), elle le voit dans l’évènementiel et le marketing. « C’est pour ça que pour commencer je vais entamer un cursus en Management des projets » précise-t-elle. J’adore le « pour commencer » !

Chérif ADOUDOU ARTINE

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