Les dirigeants africains et européens discutent de défis communs tels que l’immigration et la sécurité

Les dirigeants africains et européens discutent de défis communs tels que l’immigration et la sécurité

Les dirigeants africains et européens se réunissent mercredi et jeudi à Abidjan (Côte d’Ivoire), autour de la question des investissements pour la jeunesse, l’immigration clandestine, la sécurité et le terrorisme dans le cadre du 5e Sommet Union africaine-Union européenne (UA-UE).

Ce sommet de deux jours réunit environ 5.000 participants, dont 83 chefs d’Etat et de gouvernement, représentant 55 pays d’Afrique et 28 pays d’Europe, ainsi que des délégations de pays amis, de la Commission de l’UA, de la Commission de l’UE, d’organisations internationales, régionales et sous-régionales sur le thème “Investir dans la jeunesse pour un avenir durable”.

“Les enjeux de ce sommet sont importants tant pour l’Afrique que pour l’Europe”, assure-t-on au sein du comité d’organisation, qui ajoute que la réunion s’articulera autour “des défis communs” auxquels sont confrontés les deux continents, tels que “la paix et la sécurité et des intérêts communs, notamment, la recherche d’une croissance durable, inclusive et créatrice d’emploi pour les jeunes”.

IMMIGRATION CLANDESTINE

Le dramatique sujet de l’immigration clandestine s’est imposé en première ligne au sommet UA-UE à la suite de la diffusion quelques semaines plus tôt d’une vidéo de CNN montrant une vente aux enchères de migrants comme esclaves.

Selon la vidéo, non loin de la capitale libyenne, Tripoli, des migrants africains en route pour l’Europe sont vendus aux enchères comme esclaves par des passeurs, pour des sommes allant de 500 à 700 dinars libyens (environ 435 euros, à peine 300.000 FCFA).

Le documentaire a suscité une vague d’indignation chez les dirigeants africains, l’ONU, les artistes, les sportifs et des leaders d’opinion, déclenchant des manifestations publiques en Afrique et en Europe.

“Je trouve cela dégoûtant et choquant”, s’est offusqué le président ivoirien Alassane Ouattara, promettant que la question de la traite des migrants et de l’immigration clandestine serait au programme du sommet.

Le président de la Commission de l’UA, Mahamat Moussa Faki, l’a également souligné dès son arrivée lundi à Abidjan : “Cette question de la migration et de la mobilité de la jeunesse africaine sera certainement discutée avec les partenaires européens dans le cadre de ce sommet”.

En 2016, près de 300.000 migrants partis de l’Afrique ont tenté de rejoindre l’Europe par la Méditerranée sur des embarcations de fortune.

Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), au moins 5.000 d’entre eux ont péri.

EMPLOI, SECURITE ET TERRORISME

Selon la Banque africaine de développement (BAD), ces centaines de milliers de migrants sont des jeunes “désespérés par le chômage, la pauvreté et l’absence de perspectives dans leurs pays”.

Sur 13 millions de jeunes africains qui entrent chaque année sur le marché de l’emploi, seuls trois millions occupent un emploi salarié décent, les autres demeurant sous-employés ou dans un emploi précaire.

Pour la Banque panafricaine, le manque d’opportunités d’emplois nourrit également la violence et l’extrémisme : selon elle, 40% des jeunes africains qui prennent les armes ou rejoignent des gangs ou des groupes terroristes le font en raison du peu d’opportunités qui leur sont offertes dans leurs pays.

Pour le président de la commission de l’UA, Mahamat Moussa Faki, le sommet d’Abidjan devrait ouvrir “de meilleures perspectives” à cette jeunesse et servir de cadre de “réflexion pour trouver ensemble des solutions aux problèmes de la jeunesse”, notamment les questions d’emplois, de formation et d’investissement.

La rencontre d’Abidjan sera l’occasion de faire le point sur le développement de l’Afrique avec l’Europe, en particulier sur les questions d’investissement, de paix et de sécurité, avec en toile de fond, le terrorisme qui touche aussi le continent.

L’idée d’une sécurité de l’Afrique par les Africains est en marche avec l’opérationnalisation d’une force sous-régionale associant des militaires de cinq pays (Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso et Tchad), baptisé G5 Sahel, pour lutter contre le terrorisme fertile dans cette partie de l’Afrique.

Cette force sous-régionale devrait remplacer l’opération Barkhane, le dispositif français de lutte contre le terrorisme au Sahel.

Au 5e sommet, les participants discuteront également des progrès réalisés dans le cadre de la mise en oeuvre du plan d’action 2014-2017 adopté lors du précédent sommet de Bruxelles et de la voie à suivre aux fins de définir “la stratégie commune Afrique-UE au regard des nouveaux enjeux auxquels sont confrontés les deux continents”.

Même si l’Afrique élargit ses relations économiques avec d’autres continents, l’UE demeure le premier partenaire commercial du continent africain et constitue également le premier contributeur mondial à l’aide publique au développement destinée à l’Afrique.

Pour Mahamat Moussa Faki, à n’en point douter, le partenariat entre l’UA et l’UE est “un partenariat stratégique”.

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