Afrique : les transferts illicites de capitaux dépassent 50 milliards USD par an

ABIDJAN, 15 avril (Xinhua) — Le flux de transferts illicites de capitaux en Afrique se chiffre à 50 milliards de dollars par an, a révélé lundi à Abidjan l’économiste et banquier béninois, Abdoulaye Bio Tchané, anciennement président de la Banque ouest- africaine de développement (BOAD).

“Les flux illicites sortant de l’Afrique s’élèvent à une moyenne annuelle de 50 milliards de dollars par an sur une période de 30 ans”, a affirmé Abdoulaye Bio Tchané citant le rapport Global Integrity, à l’ouverture d’un séminaire régional sur la corruption et les transferts illicites de capitaux.

Selon M. Bio Tchané, désormais président d’un cabinet d’expertise initiateur du séminaire en collaboration avec l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), “les 50 milliards de dollars enregistrés par an correspondent à deux fois l’ensemble de l’aide publique au développement reçue par l’Afrique subsaharienne”.

“Ces flux sont destinés aux banques et aux institutions off shore des pays développés”, souligne-t-il.

L’expert cite particulièrement des partenaires commerciaux de l’Afrique comme “l’Europe, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et les pays du Moyen-Orient”.

Il a relevé qu’en dépit de la volonté internationale de lutter contre le blanchiment d’argent, dans les années 1990, les attaques terroristes du 11 septembre 2001 et la crise financière internationale de 2008 ont révélé “le laxisme des gouvernements et des institutions face au financement du terrorisme et de mouvements de capitaux de manière illicite”.

Le séminaire régional réunit une vingtaine de participants issus des inspections d’Etat, des ministères de l’Economie et des Finances, des directions des Douanes, des Impôts, du Trésor public et d’organes de lutte contre la corruption qui vont réfléchir pendant deux jours sur les moyens et méthodes à adopter pour mettre fin à “ce fléau qui influe négativement sur l’économie de l’espace UEMOA”.

“Plus que jamais, les techniques de lutte contre les trafics illicites de capitaux doivent être enseignées aux participants aux fins de jouer leur partition”, a indiqué Abdoulaye Bio Tchané qui a conclu en appelant de tous ses voeux à une “lutte engagée” contre le fléau.

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